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SITUATION ET CLIMAT:

Le pays, d'une superficie de 71 740 km2 dont 5 400 km2 sont à vocation agricole, est limité au nord par la Guinée, au sud-est par le Libéria et au sud-ouest par l'océan Atlantique. La Sierra Leone est un pays de très faible relief, un plateau intérieur d'environ 500 m d'altitude étant séparé du plateau côtier (120 m) par une zone plus élevée, située à 130 km de la côte.

Les différents régimes climatiques permettent de différencier plusieurs zones de cultures:

- Le sud-est connaît la plus longue saison des pluies (de mai à octobre, avec une période de fortes pluies de juillet à septembre), et sa végétation est une forêt tropicale. Le sud-est est la région de production de bois de construction, et de culture du cacao, café, kola et palmier à huile.

- Au nord-est se trouve une savane, où les pluies sont moins abondantes (1900 à 2500 mm) et les vents desséchants importants, ce qui entraîne une courte saison culturale. L'arachide et le tabac y sont cultivés.

- Les pluies sont très importantes le long de la côte (5000 mm, localement).

- Des rizières ont été aménagées dans les mangroves du nord-ouest.

- Le reste du pays est une forêt parfois interrompue par des cultures temporaires.

POPULATION:

Le recensement de 1974, faisant état de 2 735 159 habitants, sous-estimait probablement le nombre réel, de telle sorte que l'estimation de population établie par les Nations-Unies en 1983 était de 3 472 000 habitants , ce qui équivaut à une moyenne de 48,4 personnes par km2. En 1999, la population était estimée à 4 716 000 habitants. Entre 1970 et 1975, le taux de croissance annuel moyen était de 1,43 %, contre 1,59 % entre 1975 et 1980, et 2,04 % entre 1988 et 1999.

En 1992-1993, entre 65 % et 75 % de la population vit dans la pauvreté, l'espérance de vie est de 42 ans, le taux de mortalité infantile de 26,1 %, le taux de mortalité et celui d'analphabétisme (73 %) sont élevés.

En 1996, la population est d'environ 4,5 millions de personnes (taux de croissance annuel de 2,7 %), mais près de la moitié de celles-ci ont été contraintes à l'exode par la guerre civile qui sévit depuis mars 1991.

ECONOMIE:

Bien que la Sierra Leone soit un pays riche en minerais, pourvu d'un bon potentiel agricole et non surpeuplé, les politiques de développement inappropriées, exacerbées par la récente guerre civile, ont provoqué une récession de l'économie. Celle-ci est atteinte par de nombreux symptômes de faiblesse : dette extérieure de 1 milliard US$, budget largement déficitaire, monnaie en dévaluation, taux d'inflation élevé et baisse des échanges avec l'étranger.

En 1990-1991, le taux de croissance annuel du PIB (2,8 %) était inférieur au taux de croissance annuel de la population (3 %), ce qui a provoqué une baisse du PIB par personne, qui était déjà très bas auparavant. On a ainsi atteint, en 1993, un PIB par personne de 250 US$. En 1993, les Nations Unies ont classé la Sierra Leone 172e pays, sur une liste de 173, suivant le critère du développement humain.

L'évolution des importations et exportations de biens et services est indiquée dans le tableau suivant (millions US$):

 1970198019871988198919901991199219931994
Exportations122278134129125155159172165146
Importations143496196215245295298275293285

AGRICULTURE:

En 1995, l'agriculture emploie 62 % de la population active, ce qui représente 400 000 fermes familiales, et le secteur est responsable de 43 % du PIB.

L'agriculture est extensive, et fonctionne suivant un système de rotation : un terrain destiné à la culture est nettoyé et brûlé au début d'une saison culturale, et généralement (dans environ 65 % des cas) cultivé également durant la saison suivante, puis laissé à l'état sauvage avant d'être réutilisé 5 à 10 ans plus tard. La production de la seconde année culturale sur un terrain donné est souvent très nettement inférieure à la première, en quantité et en qualité, de sorte que certaines cultures ainsi obtenues sont non commercialisables (cas de l'arachide cultivé après le riz).

La principale culture de subsistance est le riz (609 000 T en 1983, 518 000 T en 1990 et 350 000 T en 1999), suivie de loin par le manioc (105 000 T en 1983). La production céréalière est passée d'une moyenne d'environ 500 000 T/an entre 1989-90 et 1994-95 à une moyenne d'environ 400 000 T/an entre 1995-96 et 1998-99. De très nombreuses cultures différentes (environ 70) existent au Sierra Leone, mais seules quelques-unes, produites par moins de 10 % des agriculteurs, sont exportées (principalement le café, le cacao, palmiste).

La guerre civile qui sévit depuis 1991 a provoqué une baisse importante des productions agricoles. On admet que la production agricole globale a chuté de 50 % entre 1992 et 1995. En effet, les terres des nombreux cultivateurs forcés à l'exode retournent à l'état sauvage, et les terrains encore cultivés ne sont plus ni labourés, ni fertilisés, ni traités phytosanitairement. Ainsi, en 1995-96, la récolte de riz n'a été que de 284 000 T, alors qu'elle était encore de 411 000 T en 1991-92. En conséquence, les importations alimentaires ont fortement augmenté: 140 000 T de riz en 1998-99, contre 110 000 T importées traditionnellement. Les importations céréalières sont passées d'une moyenne d'environ 163 000 T/an entre 1989-90 et 1993-94 à une moyenne d'environ 255 000 T/an entre 1994-95 et 1998-99. Les exportations céréalières sont nulles.

SITUATION ALIMENTAIRE:

De nombreux produits différents étant cultivés, ils peuvent efficacement équilibrer un régime alimentaire constitué de riz en majeure partie. Il s'agit en particulier des produits suivants: maïs, sorgho, millet, patates douces, noix d'angole, sésame, plantains, bananes et une série de fruits.

En 1992, les disponibilités calorique et protéique étaient estimées à 1 694 kcal/pers./jour (dont 822 kcal venant des céréales) et 34 g/pers./jour (dont 17 g venant des céréales).

La guerre civile a ensuite désorganisé toute l'agriculture. En 1994, environ 25 360 T de céréales, 3 270 T d'huile, 2 100 T de mélange maïs-soja et 940 T de haricots ont été partagées entre 313 000 bénéficiaires. Le besoin d'importation céréalière pour 1995 a été estimé, par le "Système Mondial d'Information et d'Alerte Rapide" de la FAO, à 172 000 T, dont 47 000 T d'aide alimentaire. En 1996, la famine menace la Sierra Leone, et les convois d'aide alimentaire n'ont plus accès à certaines villes que par voie aérienne, des embuscades rebelles étant en place sur les principaux axes routiers.

En 1997, les disponibilités calorique et protéique étaient estimées à 2 035 kcal/pers./jour (dont 1 041 kcal venant des céréales) et 43 g/pers./jour (dont 22 g venant des céréales).

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