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La Communauté Economique Des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) est un regroupement régional de quinze pays créé en 1975. Sa mission est de promouvoir l'Intégration économique dans «tous les domaines de l'activité économique, notamment l'industrie, les transports, les télécommunications, l'énergie, l'agriculture, les ressources naturelles, le commerce, les questions monétaires et financières, les questions sociales et culturelles ...». Les différentes institutions de la Communauté Economique Des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) sont:

Siège de la CEDEAO

SECRETARIAT EXECUTIF CEDEAO

60, Yakubu Gowon Crescent, Asokoro District Abuja, Nigeria P.M.B. 401
Tel: (234) (9) 31 47 647-9  -  Fax: (234) (9) 31 43 005 / 31 47 646
E-mail: info@ecowasmail.net

INTRODUCTION

1. Les quarante ans écoulés depuis les années des indépendances en 1960 de la plupart des Etats membres de la CEDEAO, ont constitué une période particulièrement difficile pour l'Afrique de l'ouest. La région entame le nouveau siècle avec beaucoup de difficultés. Plus de la moitié de la population ne dispose que de moins de un dollar par jour pour vivre. Les taux actuels de croissance sont insuffisants pour enclencher une réduction sensible de la pauvreté.

2. Le modèle de développement initié dans les années 60 et revu dans le cadre des programmes d'ajustement structurel au début des années 80 n'a pas pu répondre aux attentes des populations. La plupart des statistiques officielles ont présenté une vision déformée de la réalité économique qui a caché pendant de longues années une paupérisation croissante d'une large majorité des populations.

3. La plus grande partie de l'histoire économique récente de la région ouest africaine peut être considérée donc comme une période de crise économique parfois aigue. Pour inverser ce processus, les pays de l'Afrique de l'ouest doivent tout d'abord poser le bon diagnostic. Ce débat a longtemps été focalisé sur l'alternative croissance ou promotion sociale; rigueur ou relance économique. Le débat dont les institutions de Bretton Woods, se sont fait les chantres, a montré ses limites. Pourtant, la théorie nouvelle de la réduction de la pauvreté, si elle est opposée à la croissance et ce que celle-ci implique comme rigueur, ne dissipe pas les malentendus. L'un ne doit pas être opposé à l'autre. C'est pourquoi les pays de l'Afrique de l'ouest doivent éviter le piège de ce choix tranché qui n'aura pour résultat que de continuer à les enfermer dans le cercle vicieux, sous-développement ­ paupérisation avec pour conséquence la tendance à la perpétuation des conflits armés malgré les efforts qui sont déployés pour les endiguer.

4. L'Afrique de l'ouest se trouve donc actuellement face à une vaste problématique du développement faite de multiples éléments. Toutefois, le nouveau siècle offre une occasion à saisir pour mettre fin à la marginalisation de la région. Les changements politiques se sont nettement intensifiés au cours de la dernière décennie, ouvrant la voie à des gouvernements plus responsables issus d'élections pluralistes. On note également un plus large consensus sur la nécessité de se détacher des modèles économiques défectueux du passé. En effet, le nouveau discours sur le développement est centré sur les réformes économiques, l'amélioration de la gestion des affaires publiques, le renforcement des ressources humaines, le développement des infrastructures. En outre, un rôle plus important est reconnu à présent à l'intégration régionale pour favoriser la croissance et le développement économique des pays de la région.

5. Tous ces facteurs font que l'Afrique de l'ouest, malgré les difficultés actuelles achève un siècle et entame un autre en meilleure position qu'il y a quelques années. Il est donc probable que le développement et la paix prendront le pas sur la pauvreté et les conflits, à mesure qu'au cours du nouveau millénaire, la croissance économique, la démocratie et l'intégration régionale se consolideront. Tout cela n'est naturellement possible qu'à condition que l'engagement pour ces valeurs cardinales ne soit ni biaisé ni interrompu.

6. Un large consensus s'est créé sur un certain nombre de principes qui devraient guider le processus d'intégration en Afrique de l'ouest dans les années à venir. Les contraintes et les conditions de la réalisation effective des programmes de la CEDEAO ont mis en lumière certains de ces principes tels que: le besoin de la stabilité interne (politique et économique), la coordination à l'échelle régionale des politiques macro-économiques ainsi que l'amélioration des procédures opérationnelles des Institutions de la Communauté et la volonté politique des Etats membres à mettre en oeuvre les programmes prioritaires de la Communauté.

7. La CEDEAO, depuis sa création, a initié de nombreux programmes de coopération et d'intégration dans les principaux secteurs économiques, notamment dans les domaines de la promotion commerciale, la libéralisation des échanges, le développement des infrastructures routières et de communication, le développement de l'agriculture, de l'industrie et de l'énergie. Toutefois, les résultats ne sont pas à la hauteur des ambitions car, la plupart des décisions prises par les instances politiques n'ont pas été appliquées.

8. Tirant les leçons des expériences passées et considérant les défis du développement que l'Afrique de l'ouest doit relever pour faire face aux enjeux de la mondialisation, les chefs d'Etat et de Gouvernement, lors de leur session de Lomé en décembre 1999 ont réaffirmé leur volonté politique de s'employer au renforcement de la CEDEAO, et à la mise en oeuvre des programmes communautaires afin de favoriser la croissance et le développement des économies ouest africaines. A cet effet, ils ont approuvé la stratégie d'accélération du processus d'intégration de la CEDEAO en vue de la création d'un marché régional unique en Afrique de l'ouest fondé sur la libéralisation des échanges, l'établissement d'un tarif extérieur commun et l'harmonisation des politiques économiques et financières.

9. Les Chefs d'Etat ont également souligné la nécessité de la coordination des programmes de la CEDEAO et de l'UEMOA en vue d'éviter les chevauchements et les duplications dans la réalisation des programmes communautaires.

10. Par ailleurs, les Chefs d'Etat ont reconnu la pertinence d'une approche différenciée dans la marche vers l'intégration. A cet égard, ils ont permis à tout groupe d'Etats de la Communauté de prendre des mesures concrètes et pragmatiques en vue d'accélérer leur intégration. C'est dans ce contexte qu'une initiative a été prise par six pays en vue de créer une deuxième zone monétaire dans l'espace CEDEAO d'ici l'an 2003 qui fusionnera avec la zone CFA pour donner naissance à la zone monétaire unique de la CEDEAO en l'an 2004.

11. La réunion ministérielle UEMOA/CEDEAO de janvier 2000 à Bamako a examiné les modalités pratiques de la mise en oeuvre des décisions de Lomé. A cet égard, elle a soutenu les différentes initiatives et arrêté un programme d'actions pour accélérer l'intégration régionale en Afrique de l'ouest. Ce programme est essentiellement articulé autour de l'harmonisation des programmes de la CEDEAO et de l'UEMOA et autour de la réalisation de la deuxième zone monétaire d'ici 2003.

12. Depuis le début de l'année, le Secrétariat exécutif de la CEDEAO et la Commission de l'UEMOA ont eu plusieurs séances de travail dans le cadre de l'harmonisation de leurs programmes, principalement dans les domaines du marché commun et de la convergence macro-économique.

13. Au plan international, les enjeux des négociations sur le renouvellement de la convention de Lomé doivent également nous interpeller. En proposant des Accords de Partenariat économique régional (APER) avec des groupes économiques régionaux de pays en développement qui vont se substituer au régime de préférences commerciales de la Convention de Lomé, les pays de l'Union européenne ne sont plus intéressés à faire le commerce ou à investir dans des pays aux marchés étroits.

14. La Conférence des chefs d'Etat et de Gouvernement, lors de sa session de décembre 1999 à Lomé a reconnu la CEDEAO comme étant le cadre des relations de l'Afrique de l'ouest avec l'Union européenne. Toutefois, les dispositions des APER exigent que la CEDEAO forme une union douanière pour être partenaire de l'Union européenne.

15. L'effort requis pour la réalisation de l'union économique et douanière est motivé par une double considération politique et stratégique. Il s'agit d'abord de constituer une CEDEAO politiquement et économiquement solide qui soit capable d'engager les négociations avec les autres blocs des pays développés pour définir des bases de relations de coopération mutuellement bénéfiques qui devraient permettre à l'Afrique de l'ouest d'avoir accès à des marchés plus larges. L'Afrique de l'ouest, devra, à cet égard, se constituer en une union douanière regroupant tous les pays de la CEDEAO afin de créer les conditions pour favoriser les investissements étrangers dans le cadre d'un marché régional unifié capable d'exploiter des économies d'échelle pour les entreprises privées locales et internationales. Ces nouvelles relations devraient être ainsi l'occasion pour les pays de l'Afrique de l'ouest de consolider les mesures de transformation économiques et politiques dans un cadre de concertation élargie.

16. Il apparaît donc nécessaire de réexaminer la stratégie de développement de l'Afrique de l'ouest en l'adaptant aux nouvelles données économiques et géopolitiques du monde, en tenant compte des caractéristiques de nos économies nationales. Ceci grâce à l'intégration régionale qui est la meilleure stratégie pour intégrer les économies ouest africaines à l'économie mondiale.

17. Ces éléments nouveaux de la stratégie cohérente de l'intégration régionale ne peuvent se matérialiser sans un environnement empreint de paix, de sécurité et de stabilité dans notre région. Les résultats économiques décevants et la lenteur des progrès en matière d'intégration régionale s'expliquent en partie par les troubles civils, les conflits de société et les guerres qui ont affecté plusieurs pays de la région.

18. Ces dernières années ont été caractérisées par une instabilité politique marquée de notre région qui a affecté même des pays auparavant stables. En Côte d'Ivoire, la préparation d'élections qui devraient être démocratiques, a exacerbé les contradictions sociales pour aboutir à des affrontements qui ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. Les tensions aux frontières entre la Guinée, le Libéria et la Sierra Léone sont également la conséquence des conflits civils dans la région du Fleuve Mano. L'effondrement d'un Etat provoque des débordements pernicieux de troubles civils dans les pays voisins.

19. Les ambitions politiques personnelles immodérées, la pauvreté, le chômage et le sous développement que révèle par exemple la faiblesse des niveaux d'éducation ainsi qu'un système politique qui exclut certaines couches de la population de la participation politique et économique sont les causes profondes de la fracture sociale et des conflits. Les guerres civiles et les crises politiques naissent également souvent quand les gouvernements n'arrivent pas à répondre aux besoins pressants des populations. Les pays de la CEDEAO doivent sortir du cercle vicieux dans lequel les conflits créent la pauvreté, et la pauvreté augmente les probabilités de conflit. A cet égard, le maintien de la paix, la stabilité et la sécurité passe par l'instauration d'un environnement stable, propice à une bonne gouvernance dans tous les pays de la CEDEAO.

20. Je salue les efforts tenaces et persévérants du Président en Exercice de la CEDEAO, Son Excellence Alpha Oumar Konaré, et de ses pairs qui, en dépit de toutes les difficultés s'investissent de façon remarquable dans la recherche de la paix et dans celle de l'intégration de l'Afrique de l'ouest.

21. Les défis qui se posent à l'intégration régionale en Afrique de l'ouest sont énormes. J'ai le fervent espoir que la présente session de la Conférence des chefs d'Etat et de Gouvernement permettra à notre sous région d'améliorer l'environnement de la paix, la stabilité et la sécurité en Afrique de l'ouest afin d'asseoir la croissance et le développement de nos économies sur des bases durables. Il n'est plus besoin de prendre de nouvelles décisions, ou d'élaborer de nouveaux textes, il est temps d'appliquer avec foi ce qui a été déjà décidé.

22. Le présent rapport annuel qui est une actualisation du rapport intérimaire présenté en mai 2000 comprend trois chapitres. Le Chapitre I fait une analyse des développements récents de l'économie ouest africaine et évoque certaines perspectives. Le Chapitre II porte sur l'exécution des programmes de travail de la Communauté et met l'accent sur l'harmonisation des programmes d'intégration de la CEDEAO et de l'UEMOA. Le Chapitre III souligne la nécessité d'intégrer la dimension régionale dans les efforts nationaux de développement. Ce rapport se termine par des remarques et des conclusion finales.

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